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Prospective : tout comprendre sur la méthodologie

La méthode des scénarios : un outil d’aide à la planification stratégique

avec Benjamin Cabanes, enseignant-chercheur à Mines Paris - PSL & au département MIE de l’École polytechnique (IP Paris), Orso Roger, ingénieur de recherche à l'Institut des hautes études pour l'innovation et l'entrepreneuriat (IHEIE/PSL) et Liliana Doganova, chercheuse au Centre de sociologie de l’innovation à l’École des mines de Paris
Le 25 octobre 2023 |
6 min. de lecture
CABANES_Benjamin
Benjamin Cabanes
enseignant-chercheur à Mines Paris - PSL & au département MIE de l’École polytechnique (IP Paris)
Orso Roger
Orso Roger
ingénieur de recherche à l'Institut des hautes études pour l'innovation et l'entrepreneuriat (IHEIE/PSL)
Liliana Doganova
Liliana Doganova
chercheuse au Centre de sociologie de l’innovation à l’École des mines de Paris
En bref
  • La méthode des scénarios est un outil de planification permettant de concevoir des objectifs à long terme alors même que le futur reste indécis et incertain.
  • On distingue principalement trois catégories de scénarios : les scénarios prédictifs, les scénarios exploratoires et scénarios normatifs.
  • La conception de scénarios repose sur quatre étapes distinctes : la construction de la base, l’élaboration des images de situations futures, la vérification de la qualité des scénarios produits, et l’étude des conséquences de ces scénarios.
  • Il existe principalement trois méthodes de scénario : l’« Intuitive Logics », la « Probabilistic Modified Trends », et « La Prospective ».

La pla­ni­fi­ca­tion stra­té­gique consiste à déter­mi­ner l’ensemble des déci­sions per­met­tant d’accéder aux acti­vi­tés consi­dé­rées comme les plus inté­res­santes. Dans l’immédiat après-guerre, la pla­ni­fi­ca­tion repo­sait sur des méthodes de pré­vi­sion de l’activité per­met­tant d’évaluer l’avenir à par­tir de simples extra­po­la­tions rai­son­nées des ten­dances pas­sées1. Essen­tiel­le­ment pro­jec­tive, la pla­ni­fi­ca­tion par­tait de l’inventaire des res­sources et des moyens ini­tiaux pour abou­tir, a pos­te­rio­ri, à la déter­mi­na­tion d’objectifs à court et moyen terme. Dans les années 50–60, l’émergence de la pros­pec­tive va per­mettre de renou­ve­ler les approches de pla­ni­fi­ca­tion, notam­ment pour conce­voir des objec­tifs à long terme alors même que le futur reste indé­cis et incer­tain. À l’inverse de la pla­ni­fi­ca­tion tra­di­tion­nelle, la pla­ni­fi­ca­tion pros­pec­tive se pro­jette sur les objec­tifs et les fina­li­tés à long terme, puis, elle s’interroge pro­gres­si­ve­ment sur les buts, les stra­té­gies et les res­sources en fonc­tion d’un hori­zon tem­po­rel de moins en moins loin­tain. La pla­ni­fi­ca­tion pros­pec­tive se base sur un ensemble d’outils et de pra­tiques hété­ro­gènes2, dont la plus connue est la méthode des scénarios.

La planification prospective par scénarios

La pla­ni­fi­ca­tion pros­pec­tive par scé­na­rios consiste à se pro­je­ter dans les trans­for­ma­tions des enjeux, des règles du jeu, des stra­té­gies, des capa­ci­tés ain­si que dans les dis­tor­sions du com­por­te­ment des acteurs, du contexte poli­tique, éco­no­mique et socié­tal3. Cette méthode de pla­ni­fi­ca­tion main­tient les par­ties pre­nantes dans une sorte d’inconfort per­ma­nant, car elle impose constam­ment de repen­ser les objec­tifs, les stra­té­gies, les orga­ni­sa­tions, les res­sources dans un envi­ron­ne­ment tou­jours en mou­ve­ment où l’avenir reste impré­vi­sible4. L’objectif n’est pas de pré­dire l’avenir pour mieux l’anticiper. On cherche plu­tôt à ima­gi­ner un futur pos­sible, ou pour reprendre la for­mule d’Herman Kahn à « pen­ser l’impensable »5. Pour Her­man Kahn6, les scé­na­rios sont une « aide à l’imagination » et sont consti­tués d’une liste d’événements hypo­thé­tiques ayant pour objec­tif d’encourager la réflexion sur leurs causes et sur les condi­tions de leurs réa­li­sa­tions. Plus géné­ra­le­ment, on peut défi­nir les scé­na­rios comme des repré­sen­ta­tions spé­ci­fiques du futur qui per­mettent de sti­mu­ler la réflexion sur les consé­quences pos­sibles de dif­fé­rents évé­ne­ments et de faci­li­ter la concep­tion de plans d’ac­tion. Cepen­dant, cette image du futur peut être plus ou moins pro­bable, plau­sible, pos­sible ou encore dési­rable. Par exemple, le Groupe d’ex­perts inter­gou­ver­ne­men­tal sur l’é­vo­lu­tion du cli­mat (GIEC) a défi­ni un scé­na­rio comme une « des­crip­tion plau­sible et sou­vent sim­pli­fiée de la manière dont l’a­ve­nir pour­rait évo­luer, fon­dée sur un ensemble cohé­rent et interne d’hy­po­thèses concer­nant les forces motrices et les rela­tions clés »7. A l’inverse, les scé­na­rios de l’ADEME8 d’une France neutre en car­bone en 20509 sont des des­crip­tions spé­cu­la­tives de plu­sieurs pos­si­bi­li­tés d’avenir, qui peuvent être plus ou moins sou­hai­tables en fonc­tion des indi­vi­dus (figure 1).

Figure 1 : Les 4 scé­na­rios de l’A­DEME pour atteindre la neu­tra­li­té car­bone en 2050

Différentes catégories de scénarios

Les pos­si­bi­li­tés de repré­sen­ta­tion du futur étant très variées, la pla­ni­fi­ca­tion pros­pec­tive peut s’appuyer sur un large ensemble de scé­na­rios de dif­fé­rentes natures. En fonc­tion de la com­plexi­té et de l’incertitude du sujet à explo­rer, de l’horizon tem­po­rel choi­si et des res­sources dis­po­nibles, la pro­duc­tion de scé­na­rios peut plus ou moins s’appuyer sur des infor­ma­tions fac­tuelles, des signaux faibles, des ten­dances lourdes ou encore des fic­tions spé­cu­la­tives. Ces choix impac­te­ront direc­te­ment la nature des futurs pro­duits, qui pour­ront être plus ou moins pro­bables, plau­sibles ou pos­sibles (figure 2).

Figure 2 : Dif­fé­rentes approches pour conce­voir des scé­na­rios10

On dis­tingue géné­ra­le­ment trois grandes caté­go­ries de scé­na­rios qui dif­fé­rent selon les objec­tifs de la pla­ni­fi­ca­tion11 :

  • les scé­na­rios pré­dic­tifs, qui uti­lisent les connais­sances pas­sées et pré­sentes pour esti­mer des situa­tions futures probabilisables
  • les scé­na­rios explo­ra­toires, qui exploitent les réa­li­tés, les connais­sances et les ten­dances lourdes du pré­sent pour esti­mer la conti­nua­tion plau­sible de ces ten­dances dans l’avenir.
  • les scé­na­rios nor­ma­tifs, qui esquissent une vision par­ti­cu­lière de l’avenir, géné­ra­le­ment sou­hai­table, pour ensuite remon­ter le temps et iden­ti­fier les voies à suivre pour atteindre cet avenir.

Cette clas­si­fi­ca­tion n’est cepen­dant pas uni­ver­selle et il est pos­sible de pré­ci­ser et d’affiner cer­taines typo­lo­gies12. Par exemple, on peut dis­tin­guer deux types de scé­na­rios explo­ra­toires : les scé­na­rios ten­dan­ciels qui pri­vi­lé­gient la pour­suite des ten­dances lourdes et les scé­na­rios d’encadrement qui visent à déli­mi­ter l’espace des futurs pos­sible en variant radi­ca­le­ment les hypo­thèses sur les évo­lu­tions des ten­dances du pré­sent. Enfin, les scé­na­rios nor­ma­tifs peuvent se situer plus ou moins à la fron­tière de l’espace des possibles.

Figure 3 : Quatre types de scé­na­rios13

La conception de scénarios

La lit­té­ra­ture aca­dé­mique14 dis­tingue géné­ra­le­ment trois grandes classes de méthodes de scé­na­rios en pros­pec­tive : La méthode « intui­tive Logics »15, ini­tia­le­ment déve­lop­pée à la Rand Cor­po­ra­tion dans les années 70, puis per­fec­tion­née par le Hud­son Ins­ti­tue, la Royal Dutch/Shell, le Stan­ford Research Insi­tute et le Glo­bal Busi­ness Net­work ; la méthode « Pro­ba­li­lis­tic Modi­fied Trends »16 éga­le­ment déve­lop­pée à la Rand Cor­po­ra­tion dans les années 70 ; et enfin, « la Pros­pec­tive »17 déve­lop­pée par l’école fran­çaise de la pros­pec­tive. Bien que dif­fé­rentes sur le plan des objec­tifs et des tech­niques uti­li­sées, ces trois méthodes par­tagent prin­ci­pa­le­ment quatre grandes étapes de concep­tion de scénarios.

Si le pré­sent peut être consi­dé­ré comme étant le point de départ (scé­na­rios explo­ra­toires) ou le point d’arrivée (scé­na­rios nor­ma­tifs), la struc­tu­ra­tion de celui-ci consti­tue tou­jours la base de la méthode des scé­na­rios. Dans un pre­mier temps, il faut décrire la situa­tion pré­sente, c’est-à-dire construire la base18 en met­tant en évi­dence les variables qui carac­té­risent le phé­no­mène étu­dié dans son l’environnement, et en iden­ti­fiant les acteurs impli­qués, leurs rela­tions et leurs moti­va­tions. Cette des­crip­tion peut s’appuyer sur un large ensemble d’outils et de tech­niques. Par exemple, les outils clas­siques de l’analyse stra­té­gique (PESTEL, SWOT, 5 forces de Por­ter, etc.), la méthode DELPHI, ou encore l’analyse struc­tu­relle qui per­met d’organiser une réflexion col­lec­tive pour décrire un sys­tème à l’aide d’une matrice de relations.

La deuxième étape consiste en l’élaboration des scé­na­rios. A par­tir de l’image du pré­sent consti­tué, de l’identification de ten­dances, de « signaux faibles »19, de « faits por­teurs d’avenir » et des stra­té­gies des acteurs, l’objectif est de conce­voir des jeux d’hypothèses afin de construire des images du futur, c’est-à-dire des scé­na­rios. En fonc­tion des variables rete­nus et du jeu d’hypothèses il est pos­sible d’obtenir un large ensemble de scé­na­rios. Il s’agira ensuite de faire une sélec­tion pour pro­po­ser un nombre de scé­na­rios rai­son­nable, géné­ra­le­ment un scé­na­rio de réfé­rence et quelques scé­na­rios pré­sen­tant des images contras­tées du futur. Compte tenu des objec­tifs, ces images peuvent être plus ou moins plau­sibles ou pos­sibles, explo­ra­toires ou nor­ma­tives. Cette étape peut elle aus­si s’appuyer sur un large ensemble d’outils et tech­niques, par exemple, l’analyse mor­pho­lo­gique20 (pour « la pros­pec­tive »), la tech­nique de la matrice 2x221 (pour l’« Intui­tive Logics »), la cross-impact ana­ly­sis22 ou encore la trend-impact ana­ly­sis23 (pour la « Pro­ba­li­lis­tic Modi­fied Trends »).

La troi­sième étape vise à véri­fier la qua­li­té des scé­na­rios pro­duits. La qua­li­té d’un scé­na­rio se mesure par son niveau de cohé­rence24. Il s’agit donc d’évaluer le dérou­le­ment des élé­ments qui lie la situa­tion pré­sente aux images du futur, et inver­se­ment. Ce dérou­le­ment doit conte­nir un cer­tain degré de cor­res­pon­dance logique et empi­rique. De plus, l’ensemble des élé­ments et des hypo­thèses d’un scé­na­rio doivent demeu­rer com­pa­tibles ensemble. Cepen­dant, une telle quête de jus­ti­fi­ca­tion peut avoir ten­dance à pri­vi­lé­gier les enjeux de plau­si­bi­li­té et de per­cep­tion de la com­plexi­té au détri­ment de l’originalité et la varié­té des voies envi­sa­gées25.

Enfin la der­nière étape a pour objec­tif d’étudier les consé­quences de ces scé­na­rios pour la pro­blé­ma­tique étu­diée. Son impor­tance est capi­tale car elle consiste à déter­mi­ner les stra­té­gies de déve­lop­pe­ment, à expli­ci­ter le pan d’action, à défi­nir et à jus­ti­fier les déci­sions à prendre. Pour que cette étape puisse être effi­cace, il faut cepen­dant que la méthode des scé­na­rios ne se cir­cons­crive pas à une acti­vi­té épi­so­dique26. Au contraire, celle-ci doit être inté­grée dans les pro­ces­sus et les rou­tines orga­ni­sa­tion­nels tels que l’élaboration de stra­té­gies, la ges­tion des risques, l’innovation et les affaires publiques27.

1Zaga­mé, P. (1993). Pla­ni­fi­ca­tion stra­té­gique : Quelques réflexions pour une trans­po­si­tion à la pla­ni­fi­ca­tion natio­nale. Revue éco­no­mique, 13–55
2Cabanes, B., Roger, O. & Doga­no­va, L. (2023). Com­ment les démarches de pros­pec­tive per­mettent-elle de pen­ser le futur ? Poly­tech­nique Insights.
3Rou­be­lat, F. (2016). Mou­ve­ment, pla­ni­fi­ca­tion par scé­na­rios et capa­ci­tés d’action Enjeux et pro­po­si­tions métho­do­lo­giques. Stra­té­gique, 113, 169–188.
4Ramí­rez, R., & Selin, C. (2014). Plau­si­bi­li­ty and pro­ba­bi­li­ty in sce­na­rio plan­ning. Fore­sight, 16(1), 54–74.
5Kahn, H. (1962). Thin­king about the Unthin­kable. New York : Hori­zon Press.
6Phy­si­cien et futu­ro­logue amé­ri­cain de la Rand Cor­po­ra­tion et fon­da­teur du Hud­son Ins­ti­tute, Her­man Kahn est consi­dé­ré comme le père fon­da­teur de l’analyse par scé­na­rios. Il est notam­ment l’auteur des ouvrages sui­vants : On Ther­mo­nu­clear War (1960), Thin­king about the Unthin­kable (1962), The Year 2000 : a fra­me­work for spe­cu­la­tion on the next thir­ty-three years (1967), Things to come : thin­king about the seven­ties and eigh­ties (1972), The next 200 years : a sce­na­rio for Ame­ri­ca and the world (1976).
7Inter­go­vern­men­tal Panel on Cli­mate Change (IPCC). (2007). Syn­the­sis Report. Contri­bu­tion of Wor­king Groups I, II and III to the Fourth Assess­ment Report of the Inter­go­vern­men­tal Panel on Cli­mate Change. Gene­va : IPCC, p. 86.
8Agence de l’en­vi­ron­ne­ment et de la maî­trise de l’éner­gie.
9ADEME. (2021). Transition(s) 2050. Choi­sir main­te­nant. Agir pour le cli­mat. Col­lec­tion Hori­zon, ADEME. 650 p.
10D’après Wiebe, K., et al. (2018). Sce­na­rio deve­lop­ment and fore­sight ana­ly­sis : explo­ring options to inform choices. Annual Review of Envi­ron­ment and Resources, 43, 545–570.
11Bör­je­son, L., Höjer, M., Dre­borg, K. H., Ekvall, T., & Finn­ve­den, G. (2006). Sce­na­rio types and tech­niques : towards a user’s guide. Futures, 38(7), 723–739.
12Ramí­rez, R., & Selin, C. (2014). Plau­si­bi­li­ty and pro­ba­bi­li­ty in sce­na­rio plan­ning. Fore­sight, 16(1), 54–74.
13D’après Julien, P. A., Lamonde, P., & Latouche, D. (1975). La méthode des scé­na­rios en pros­pec­tive. L’Ac­tua­li­té éco­no­mique, 51(2), 253–281.
14Amer, M., Daim, T. U., & Jet­ter, A. (2013). A review of sce­na­rio plan­ning. Futures, 46, 23–40 ; Huss, W. R., & Hon­ton, E. J. (1987).
15Sce­na­rio planning—what style should you use?. Long range plan­ning, 20(4), 21–29.
16Brad­field, Ron, et al. « The ori­gins and evo­lu­tion of sce­na­rio tech­niques in long range busi­ness plan­ning. » Futures 37.8 (2005): 795–812
17Mac­Kay, R. B., & McKier­nan, P. (2018). Sce­na­rio thin­king : A his­to­ri­cal evo­lu­tion of stra­te­gic fore­sight. Cam­bridge Uni­ver­si­ty Press ;
18Godet, M. (1983). Méthode des scé­na­rios. Futu­ribles, 71(110–120).
19Schoe­ma­ker, P. J., Day, G. S., & Sny­der, S. A. (2013). Inte­gra­ting orga­ni­za­tio­nal net­works, weak signals, stra­te­gic radars and sce­na­rio plan­ning. Tech­no­lo­gi­cal Fore­cas­ting and Social Change, 80(4), 815–824.
20Feuillade, M. (2023). Quelles visions d’avenir pour la san­té visuelle ? Poly­tech­nique Insights.
21Spa­niol, M. J., & Row­land, N. J. (2019). Defi­ning sce­na­rio. Futures & Fore­sight Science, 1(1), e3.
22Bañuls, V. A., & Turoff, M. (2011). Sce­na­rio construc­tion via Del­phi and cross-impact ana­ly­sis. Tech­no­lo­gi­cal Fore­cas­ting and Social Change, 78(9), 1579–1602.
23Aga­mi, N. M. E., Omran, A. M. A., Saleh, M. M., & El-Shi­shi­ny, H. E. E. D. (2008). An enhan­ced approach for trend impact ana­ly­sis. Tech­no­lo­gi­cal fore­cas­ting and social change, 75(9), 1439–1450.
24Har­ries, C. (2003). Cor­res­pon­dence to what ? Cohe­rence to what ? What is good sce­na­rio-based deci­sion making?. Tech­no­lo­gi­cal Fore­cas­ting and Social Change, 70(8), 797–817.
25Roger, O., Doga­no­va, L., & Cabanes, B. (2023). Sce­na­rios as ins­tru­ments of future-making : A prac­tice-orien­ted ana­ly­sis of RAND Europe sce­na­rios. 39th EGOS Col­lo­quium.
26Schoe­ma­ker, P.J.H. and van der Hei­j­den, C.A.J.M. (1992). Inte­gra­ting sce­na­rios into stra­te­gic plan­ning at Royal Dutch/Shell. Plan­ning Review, Vol. 20 No. 3, pp. 41–46.
27Cabanes, B., Roger, O. & Doga­no­va, L. (2023). Com­ment l’entreprise Shell a‑t-elle anti­ci­pé le pre­mier choc pétro­lier de 1973 ? Poly­tech­nique Insights.

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